Pourquoi le rachat d’une assurance vie n’est pas une bonne idée ?

Résilier de manière anticipée une assurance vie et en demander le capital épargné s’avère rarement une bonne idée car cela va souvent de pair avec de nombreuses pénalités financières. Or, il existe des initiatives plus intéressantes, telle qu’une avance sur le capital final.

Prélever une assurance vie prématurément

Une assurance vie constitue par définition un engagement à long terme. Via un contrat d’épargne-pension ou d’épargne à long terme, vous épargnez par exemple pour la pension complémentaire qui vous viendra bien à point dans quelques années. Il peut toutefois arriver que vous souhaitiez prélever prématurément le capital que vous étiez en train de vous constituer. Par exemple parce que vous avez besoin de liquidités pour rénover votre habitation. En théorie, vous pouvez donc racheter votre assurance vie : votre assureur vous verse votre épargne provisoire et vous n’attendez pas l’échéance du contrat.

On peut toutefois se demander si cela est vraiment une bonne idée. Voyez plutôt !

1. Frais et conséquences fiscales

Non seulement vous perdez une partie de votre sécurité financière pour vos vieux jours, mais des frais de rachat (maximum 5%) vous seront également imputés et vous ne profiterez pas des rendements élevés pendant les dernières années du contrat.

2. Précompte mobilier (assurance vie sans avantage fiscal)

De plus, dans le cadre d’une assurance vie avec rendement garanti (= branche 21) sans avantage fiscal, vous devez payer un précompte mobilier de 25 %. Cet impôt est prélevé sur un rendement minimum fictif de 4,75%. Vous en êtes exonéré

  • si votre contrat a une durée de plus de 8 ans,
  • si vous avez prévu une couverture décès complémentaire correspondant à 130 % de la prime et si vous êtes à la fois preneur d’assurance, assuré et bénéficiaire de l’assurance vie,
  • s’il s’agit du paiement d’un capital décès.

3. 33% d’impôts (assurance vie avec avantage fiscal)

Si vous avez une assurance vie assortie d’un avantage fiscal, comme une épargne-pension ou une épargne à long terme, vous payez un impôt de 33 % sur le capital constitué ainsi qu’un impôt communal. C’est ce qui vous attend si vous rachetez l’assurance vie avant que l’on ait prélevé la taxe anticipative. Celle-ci est prélevée l’année de votre 60e anniversaire ou au dixième anniversaire de votre contrat, si vous l’avez commencé à 55 ans ou ultérieurement. Pour éviter d’autres implications fiscales, vous avez donc tout intérêt à attendre que la taxe anticipative de 10 % soit prélevée avant de prélever le capital.

Quelles sont les solutions ?

1. Revoir le paiement des primes

Dans le cadre d’une assurance vie, vous n’êtes absolument pas tenu au paiement de primes mensuelles ou annuelles. Vous pouvez parfaitement verser une prime plus modique ou tout simplement ne plus en verser et laisser ‘dormir’ l’assurance vie. Votre capital constitué continue à être capitalisé jusqu’à l’échéance. Cette option est également appelée ‘réduction’ et n’entraîne pas de frais ou de conséquences fiscales supplémentaires. Mais le capital que vous obtiendrez à l’échéance du contrat sera légèrement moindre que ce qui avait été initialement prévu.

2. Avance sur police

Dans certains contrats, vous pouvez également demander une ‘avance sur police’ à votre assureur. Ce dernier vous prêtera dans ce cas un montant sur lequel vous paierez des intérêts. Si vous n’avez pas remboursé cette avance pour la fin du contrat, votre assureur utilisera votre assurance vie pour éponger la dette.

3. Nantissement

Une dernière option est le nantissement de votre assurance vie au moment de contracter un emprunt. Mais dans ce cas, vous cédez le contrôle de votre assurance vie à votre pourvoyeur de crédits. Vous ne pouvez donc plus décider seul de réduire, racheter ou mettre votre contrat d’assurance vie en gage.

Demandez conseil à votre courtier

Réfléchissez plutôt deux fois qu’une avant de racheter, réduire ou mettre votre assurance vie en gage.

 

source http://www.vivium.be